L’Eglise se trompe. L’Eglise se trompe quand elle pense que l’urgence réside dans la perpétuation de comportements, de morales. Peu importe que l’on soit pour ou contre le préservatif ou l’homosexualité, ce sont là des questions de choix personnels. L’urgence chrétienne n’est pas là et l’Eglise réitère sa trahison de l’Esprit des Evangiles en s’y focalisant. Au contraire, le rôle central de la présence chrétienne dans le monde est l’expression de la nécessaire parole d’espérance contenue dans notre foi. Rompre avec la logique technicienne demande d’entendre la promesse de salut du Dieu chrétien et de la diffuser, pour affirmer partout la non-fermeture du monde. Porter cette parole qui libère s’est se libérer soi-même, rompre avec des logiques qui dans leur automatisme excluent l’Homme. Porter cette candidature c’est libérer le siège de Pierre de l’emprise des pouvoirs, mettre à sa place le souffle du verbe, affirmer la liberté de tous les hommes, sans condition et à la seule mesure qui vaille ici, celle de l’amour incommensurable de Dieu.

Jacques Ellul p.c.c Mathieu Gervais